Cohorte Democracy x AI

Un avenir technologique meilleur et plus démocratique n’est pas seulement envisageable. C’est à nous de le construire.

Forme avec un ciel découpé et un gribouillis

Imaginez une IA conçue pour que plus de personnes aient leur mot à dire.

Nous avons été conditionnés à croire qu’un avenir meilleur est synonyme d’efficacité accrue, de rythme plus soutenu et d’un monde où le jugement humain n’a plus sa place. Cette logique est omniprésente autour de nous. Elle se retrouve dans les technologies que nous utilisons, les appareils que nous portons et les systèmes qui façonnent nos vies.

Mais la démocratie n’est pas censée être optimisée.

Son caractère imparfait et ses frictions font justement son essence. Les désaccords et les compromis ne sont pas des obstacles qu’il faut éliminer. Ils sont essentiels au bon fonctionnement de la démocratie.

La cohorte Democracy x IA fonde son approche sur l’hypothèse selon laquelle, à condition d’être conçue différemment, l’IA pourrait renforcer la démocratie plutôt que la fragiliser. De par sa conception même, cette cohorte revêt un caractère international et repose sur la conviction que la technologie ne surgit pas du néant : ce sont les enjeux politiques qui déterminent ses applications possibles. Nous sélectionnons les membres de cette cohorte de manière à ce que les idées circulent librement au-delà des frontières, comme il se doit.

Ces dix projets transforment l’imagination en infrastructure, en créant de nouveaux outils et systèmes qui placent le jugement humain au cœur de la vie démocratique.

Découvrez les projets en cours

Bien que ces projets s’inscrivent dans des contextes démocratiques distincts à travers le monde, ils sont unis par une hypothèse commune : celle selon laquelle, à condition d’être conçue différemment, l’IA peut renforcer la démocratie tout en préservant le jugement humain dont elle dépend.

Au cours des 12 prochains mois, les dix équipes poursuivront leur travail au sein de notre incubateur, où elles bénéficieront d’un accompagnement, de conseils d’experts et du mentorat de leurs pairs, tout en développant et en testant de nouvelles façons de renforcer la démocratie à l’ère de l’IA.

Les enseignements que nous tirons

Au fil de nos rencontres avec des experts et de notre apprentissage aux côtés des autres participants, une même idée revient sans cesse :

l’IA ne doit pas se substituer aux personnes ni à la prise de décision humaine. Elle doit au contraire nous aider à être mieux informés, plus compétents et plus impliqués dans les processus démocratiques qui ont une incidence sur nos vies.

Les questions relatives à l’IA et à la démocratie ne relèvent pas d’un problème d’optimisation. Nous n’avons pas besoin de l’IA pour automatiser et éliminer le caractère désordonné et les frictions inhérentes au débat, aux désaccords et aux compromis. Mais c’est là le véritable risque auquel nous sommes confrontés : traiter la vie démocratique comme un système à rationaliser, et non à renforcer.

Nous ne sommes pas obligés de suivre cette voie. L’avenir de l’IA est encore entre nos mains.

L’IA peut contribuer à renforcer les démocraties à condition qu’elle soit conçue pour favoriser la compréhension tout en laissant entre nos mains le processus de prise de décision, certes complexe mais essentiel. Cette approche peut prendre de nombreuses formes : qu’il s’agisse de mettre en lumière des informations fragmentées ou difficiles d’accès, de soutenir les débats au sein des communautés, de renforcer la transparence ou encore de rendre la participation plus visible et plus étroitement liée aux décisions qui façonnent nos communautés et nos sociétés.

Restez à l’écoute : nous continuerons à recueillir les réflexions de notre cohorte, et ne manquez pas notre table ronde intitulée « IA for Democracy, or Democracy for AI? » (L’IA au service de la démocratie, ou la démocratie au service de l’IA ?) pour suivre les débats d’experts autour de certaines des questions les plus importantes qui définissent ce domaine à l’heure actuelle.

La démocratie n’est pas censée être optimisée superposé sur un ciel et des formes

Pourquoi ces travaux sont-ils importants ?

  • La technologie a toujours mis à l’épreuve et façonné la démocratie. L’imprimerie a brisé les monopoles sur l’information, modifiant en profondeur l’architecture du pouvoir. Le télégraphe a créé des réseaux à haut débit qui ont effacé la barrière de la distance, permettant aux découvertes et aux opinions dissidentes de traverser les continents en un instant. La radio, la télévision et, plus tard, Internet ont permis aux voix marginalisées de se faire entendre auprès du grand public.
  • Si les leçons du passé nous ont appris quelque chose, c’est bien que nous ne pouvons pas nous permettre de rester les bras croisés pendant cette époque charnière. Les avancées démocratiques ne sont jamais acquises pour toujours. Elles subissent des hauts et des bas : le pouvoir se réajuste, s’adaptant aux nouveaux leviers d’influence. Aujourd’hui, nous sommes appelés à expérimenter, à créer de nouveaux espaces propices à l’imagination, à tester de nouvelles idées et à apprendre les uns des autres.
  • Parce que l’IA est déjà en train de remodeler la vie démocratique. Nous commençons à peine à entrevoir comment cette évolution reconfigure les systèmes et les structures du pouvoir, alors que ses conséquences se font déjà sentir. Les coalitions qui soutiennent la vie démocratique deviennent de plus en plus difficiles à maintenir, ce qui exerce une pression encore plus forte sur les sociétés démocratiques à travers le monde. À mesure que le pouvoir se concentre, nous risquons de perdre notre capacité d’agir sur les technologies qui régissent nos vies et façonnent notre compréhension du monde et des autres. Aucune communauté ni aucun pays ne détient à lui seul toutes les réponses. Le progrès passe par un apprentissage sans frontières et par la mise à profit des expériences de chacun.
  • L’avenir de l’IA et de la démocratie reste encore à écrire. Nous avons encore le pouvoir de le construire. Partout dans le monde, des personnes rejettent déjà le statu quo, venant grossir les rangs d’un contre-mouvement en pleine expansion qui transforme l’imagination en infrastructure propice à l’expérimentation, à la réinvention et au renouveau. En privilégiant l’ouverture plutôt que le secret, et l’intérêt général plutôt que le profit à court terme, nous pouvons créer des technologies qui redonnent le pouvoir aux citoyens et à leurs communautés.

Notre cohorte Democracy x IA est fondée sur la conviction que l’IA peut encore renforcer la vie démocratique, mais cela n’est possible que si les technologies et les idées alternatives sont soutenues suffisamment tôt pour survivre, se développer et s’implanter. En investissant dans les personnes et les projets qui œuvrent dans l’intérêt général, la Fondation Mozilla sème les graines d’un avenir plus ouvert et plus démocratique grâce à l’IA.

Les tendances que nous observons

candidatures

pays

domaines clés de la démocratie

Nous avons reçu plus de 1 000 propositions pour la cohorte Democracy x IA, qui nous ont donné un premier aperçu de la manière dont les développeurs envisagent l’IA et la vie démocratique. Voici ce que nous avons pu observer jusqu’à présent :

  • Notre vivier de candidats est véritablement international, avec 1 073 candidatures provenant de 114 pays.
  • Le renforcement de la confiance et de la responsabilité des institutions s’est imposé comme le thème le plus plébiscité, représentant 44 % des candidatures, suivi de la défense de l’intégrité de l’information (29 %) et de la protection et de l’élargissement de l’espace civique (28 %). Cette tendance s’est maintenue de la phase initiale de proposition jusqu’à la phase finale de candidature.
  • Les candidatures les mieux notées étaient très ciblées et témoignaient d’une compréhension approfondie d’une communauté et d’un problème spécifiques, souvent dans un contexte institutionnel, législatif ou civique clairement défini.
  • Plusieurs domaines ont suscité un intérêt et une concurrence particulièrement vifs, notamment les outils de gouvernance participative, les outils de vérification des faits et de lutte contre la désinformation, le suivi législatif et la transparence, les plateformes de recherche de consensus et de rapprochement, ainsi que l’audit et la gouvernance des systèmes d’intelligence artificielle.

Bon nombre de nos projets finalistes ont mis l’accent sur l’expérimentation concrète, en ancrant souvent leur travail dans des communautés et des réalités politiques bien distinctes, tout en explorant les différentes façons dont l’IA pourrait être utilisée pour résoudre des problèmes spécifiques au sein des institutions démocratiques, des assemblées législatives et des espaces civiques.