Chaque jour, des milliards de personnes scrollent sur les réseaux sociaux. Mais quels contenus deviennent viraux et influencent de manière disproportionnée ce que nous voyons, pensons et commentons ?
En réalité, nous n’en avons aucune idée.
Seules les entreprises qui gèrent les réseaux sociaux savent vraiment quelles publications dominent nos fils d’actualité. Sans transparence, la désinformation peut se propager. Sans un minimum de surveillance, les contenus violents peuvent proliférer. Et à la première situation critique, le grand public restera une fois de plus dans l’ignorance.
C’est pourquoi la Fondation Mozilla a demandé aux principales plateformes de réseaux sociaux une chose simple : partager les 1 000 publications les plus consultées dans chaque pays de l’UE.
Ces contenus ont déjà été vus, parfois même par des millions de personnes. Nous ne demandons pas la Lune. Juste la liste des 1 000 publications les plus virales.
Pourtant jusqu’à présent, toutes les plateformes ont refusé.
Les plateformes croient pouvoir faire la sourde oreille à une simple demande de transparence. Mais à la Fondation Mozilla, nous savons que la pression du public peut leur montrer qu’elles ont tort.
Alors signez la pétition pour demander aux plateformes comme YouTube, Meta, TikTok, LinkedIn et X de rendre publics leurs contenus les plus vus.
— Campagne lancée par la Fondation Mozilla, AlgorithmWatch, DSA 40 Data Access Collaboratory, l’Institute for Strategic Dialogue, le Social Computing Group (Université de Zurich), Fundación Maldita.es et d’autres groupes de la société civile et de la recherche, en Europe et ailleurs.
Voici ce que nous avons demandé aux plateformes. Et les réponses que nous avons obtenues.
En collaboration avec l’organisation AlgorithmWatch mais aussi des chercheuses et des chercheurs de toute l’Europe, la Fondation Mozilla a adressé une demande officielle à YouTube, Meta, TikTok, LinkedIn et X :
Rendre publiques les 1 000 publications les plus consultées sur leurs plateformes dans chaque État membre de l’UE.
Ces contenus ont déjà été vus, parfois même par des millions de personnes. Ce sont les publications que les algorithmes mettent le plus en avant et qui révèlent ce qui influence réellement le débat public en ligne.
Nous avons formulé cette demande de manière claire, collective et en toute bonne foi. La première requête a été envoyée le 3 octobre 2025.
À ce jour, aucune des entreprises contactées n’a souhaité y répondre favorablement.
- LinkedIn, YouTube, Meta et X ont refusé.
- TikTok nous a laissé entendre qu’ils y réfléchissaient, mais ont fini par refuser.
Pour en savoir plus sur cette demande, consultez notre article intitulé Appel à la fourniture de données fondamentales.
Pourquoi c’est important
Nous estimons que la société a droit à un minimum de transparence de la part des plateformes sociales. Et que cette transparence commence par les contenus les plus consultés.
Chaque jour, les citoyens de l’UE « consomment » un gigantesque flux de contenus sur les plus grandes plateformes, qui influencent ce qu’ils pensent et ce qu’ils font.
Les contenus les plus vus dans ce flux sont, par définition, extrêmement publics. Et ils représentent une part importante de l’activité sur les plateformes : une étude portant sur un échantillon aléatoire de YouTube a révélé que 94 % des vues provenaient de seulement 4 % des vidéos. Mais pour une raison qui confine à l’absurde, nous ne savons pas quels sont ces contenus les plus regardés car les plateformes sociales refusent de communiquer à ce sujet.
Autrement dit, il nous manque un outil essentiel pour comprendre comment ces plateformes influencent la société. Un outil pour identifier et stopper rapidement les contenus nuisibles. À l’heure actuelle, les expertes et experts ne peuvent par exemple pas détecter à temps une campagne visant à influencer délibérément une élection, une tendance virale mettant en danger les enfants ou encore une arnaque à la santé pouvant poser un problème à l’échelle de toute l’Union européenne.
Enfin, l’absence de données de base sur ces contenus rend également plus difficile l’évaluation des systèmes de recommandation des plateformes. Car mieux les comprendre nécessite de savoir quels contenus elles mettent le plus en avant.